

Rouge décembre
En ce 20 décembre, Alexandre se demande comment cette histoire a pu arriver, comment tout a commencé. Qui est responsable. Le système ? Lui ? La société ? Qui a failli ? Engagé, c’est un homme de valeurs, investi pour les causes qui lui tiennent à cœur. Il cherche à percer le mystère du comportement de Tom, un jeune élève qu’il prend sous son aile. Quitte à oublier ses propres démons et à mettre de côté ses amis et sa mère, Annie, sa seule famille.
Ai-je été trop faible ? Trop naïf ? Ou pas assez armé pour mesurer l’ampleur de ce qui se tramait et allait inévitablement finir en drame. Une fin sans appel, sans lendemain. Le scénario ficelé. L’histoire terminée. J’ai omis des indices, des tout petits riens qui, associés, auraient dû m’alerter du danger. Pour lui. Pour moi. Les autres. J’aurais dû agir plus vite. Être plus opiniâtre. Plus rentre-dedans. Plus. Plus. Plus. Pour déplacer des montagnes et le sortir de là.

Les tribulations d'un couple ordinaire
Un homme. Une femme. Quand l’un fait zig, l’autre fait zag. Pourtant ils se rencontrent, se plaisent, puis se perdent et se retrouvent, non sans traverser quelques péripéties hautement improbables. Parfois ils ziguent sur des chemins joyeusement fantasmés, aussi inconscients des risques que deux anchois au milieu d’un banc de barracudas. D’autre fois ils zaguent, s’égarent et tentent de se frayer un passage dans une jungle plus hostile que le métro parisien à dix-huit heures. Les tribulations cocasses de ces deux trentenaires vous feront peut-être penser à des proches. À moins qu’elles ne ravivent quelques souvenirs personnels ?
« Je garde imprimé au fond de la rétine, le reflet de mon visage aperçu dans un carreau de la porte vitrée menant aux cellules : catogan hirsute, col de chemise dépressif sans sa cravate, poches sous les yeux plus tombantes que celle d’un bouledogue insomniaque. Je suis mortifié par ce portrait à rendre jaloux Shrek ou Quasimodo, et mon ego accuse le coup amèrement. J’essaie comme je peux de récapituler ce qui me vaut cette tête, mais je n’arrive pas à penser droit.»

Le sel de la peur
Nous sommes en 1893. La France attire de nombreux étrangers qui cherchent du travail. Giorgio a quitté son Piémont natal pour venir faire la récolte du sel à Aigues-Mortes. Il y rencontre Rose qui a fui la Belgique et participé aux luttes ouvrières des femmes à Roubaix, puis à Lyon, avant de gagner le sud. Tous deux rêvent d’une vie meilleure. Tandis qu’une histoire d’amour s’esquisse entre eux, parviendront-ils à réaliser leurs rêves alors que se prépare le massacre des ouvriers Italiens dans les salins où travaille Giorgio ?
Aigues-Mortes est une ville étrange. Elle ne ressemble pas à celle de son pays. Il y sent quelque chose de fermé, d’hostile. Peut-être est-ce à cause des remparts ?
Sur la place saint-Louis, près du café Rossignot, il entre dans la boulangerie. Intimidé, il bégaie quelques mots. Rose comprend que l’homme n’est pas d’ici et que sa peau burinée par le soleil est celle de ces Italiens qui travaillent dans les salins. Elle se tourne, attrape les deux gros pains désignés par la main, et revenant vers lui, surprend les yeux clairs qui s’attardent sur sa jupe. Elle sourit.

Dès l'aube
Recueil de poèmes de Gildas Labey. Mots sentis et éprouvés telles des matières vivantes dans leurs couleurs, leurs musiques, dans la saveur de leur prononciation, dans les mouvements, les rythmes qui s'en emparent, dans leur lumière variant selon les heures.
Le poème est sans fin et claudique constamment d’hésiter entre musique et sens.
Il avance par ce jugement délicieusement déchiré.
Tantôt ceci, tantôt cela.
Soudain, une conjonction.
Clé de sol, clé de fa.
Nous lisons le poème selon cette double vue.
Bientôt, nous sommes emportés dans un indiscernable tracé

Pétrichor
Recueil de poèmes de Corinne Léon. Pétrichor (/petʁikɔʁ/, du grec petra, « pierre », et ichor, « sang, fluide »), nom masculin. Odeur qui se dégage de la terre lorsque tombe la pluie après une période sèche. (Le Robert)
Je ne sais pas encore
celle que je suis
je ne sais rien
et pourtant je suis ici
les doigts ébouillantés
par les mots brûlants
sous le clavier
la plume en bataille
je sens déjà
le papier crispé
sous vos doigts
comme il l’a longtemps
été sous les miens

Vous avez dit étrange?
Chacun connaît au moins une histoire inexplicable, vécue ou tenue de l’un de ses proches, qui défie notre siècle scientifique et matérialiste.
Étrange, n’est-ce-pas ? Les personnages de ces nouvelles nous entraînent dans des aventures où le parfum de l’irrationnel se mêle à celui de l’encre, semant des interrogations singulières
Je suis au-dessus de mon corps. Je le vois étendu au sol en travers de l’ouverture de la porte cochère. Mes yeux écarquillés sont figés dans une expression de terreur. Une tache rouge s’agrandit sous mon sein gauche, percé d’une plaie béante. Je ne souffre plus. Je flotte, légère, au-dessus de cette enveloppe dont je me suis échappée. Une lumière au loin m’appelle, avant de la rejoindre, je veux comprendre

Vieillir avec Montaigne
Qu'est-ce que vieillir? A travers anecdotes personnelles et réflexions sur notre existence, Nanon Gardin met en parallèle son expérience et les savoureuses analyses de Montaigne sur le sujet. Emouvant mais aussi souvent drôle, ce jeux de miroirs nous livre une réponse passionnante sur la question.
Subitement, après un an de vie commune, je m’aperçois qu’il n’y a rien à dire sur Montaigne. Il n’y a qu’à le lire et vivre en sa compagnie. L’écouter, l’aimer, le critiquer, s’énerver, le reprendre, l’aimer, l’écouter. Avant de me risquer à lancer cette affirmation, je me suis décidée à lire ce que quelques-uns disaient de lui, et je n’ai rien appris de plus. Il n’y a rien à dire sur Montaigne. Alors j’ai fait ce qu’il me semblait devoir faire, en toute modestie, pour rendre service à mes contemporains , écrire pour vous dire : dans le désordre du monde, lisez Montaigne, il vous fera du bien.


